La Zone à Partager

Au cœur du Centre d’art contemporain, la Zone à Partager (ZAP) est un espace destiné à réinventer la rencontre avec les œuvres. Un lieu convivial conçu pour la médiation en autonomie, qui vise à replacer le public au centre des usages par la pratique et l’expérimentation.

Repenser la relation aux publics

En expérimentation depuis 2018, la ZAP est née d’une envie de changer la relation entre l’institution artistique et ses publics. Un projet longuement muri, mené par un collectif de volontaires de tous les services de la Ferme du Buisson apportant leurs compétences sans pour autant n’être défini que par leur poste, et alimenté de rencontres avec artistes et publics, et des expériences alternatives menées avec elles·eux.
 

La recherche a été menée en suivant ces grands principes :

- Remettre en question la position de « sachant » dans laquelle se trouve la∙le médiateur∙trice et proposer au public une autonomie pour arriver à une appréhension des œuvres par l’expérimentation ou la mise en avant de ses propres savoirs.

- Améliorer l’accessibilité pour le public en situation de handicap aux propositions artistiques du Centre d’art, notamment avec le développement d’outils sensoriels.

- Proposer des entrées alternatives dans l’art contemporain par la création plastique, le sensoriel mais également le culinaire.

- Créer du lien social avec le public et entre les différentes typologies de publics.

- Réunir les conditions de mise en commun des savoirs.

- Co-créer la médiation avec le public, l’équipe mais également les artistes qui exposent au Centre d’art contemporain.

 

Imaginer un espace commun

Avec la volonté de faire de ce lieu un endroit où chacun·e a l’opportunité de s’exprimer et de découvrir l’art contemporain à travers des approches sensorielles et créatives, la ZAP met à disposition, en libre accès, outils de création artistique et ressources documentaires. Une véritable boite à outils pour accompagner tous les usagers du Centre d’art, public individuel comme groupes, équipe ou artistes exposé·e·s.

 

Une médiation nouvelle 

Conçus à partir de questions ou frustrations exprimées par les visiteur∙euse∙s face à l’art contemporain (« je ne comprends pas, ça ne me touche pas, je pourrais le faire, je ne peux pas toucher, je ne sais pas, comment prendre le temps »), les outils permettent de renverser les a priori et constituent un levier pour une médiation nouvelle.

 

Quelques exemples

- La materiauthèque : Pensée comme une réponse au dilemme de l’œuvre qu’on ne peut pas toucher,  elle est composée de matériaux que le public peut retrouver dans l’exposition. Elle s’adapte à l’exposition en cours. C’est un outil sensoriel qui peut servir à la fois pour le public en situation de handicap et comme une nouvelle façon d’orienter sa visite pour tous les publics.

 

- Les cartes actions : Ces cartes proposent au public des actions simples à réaliser devant une œuvre afin d’approcher l’exposition autrement. En choisissant la carte c’est le·a visiteur·euse qui mène la visite et c’est à son initiative que s’engage une discussion sur les œuvres ou l’exposition.

exemples d’actions : Faire une visite sur la pointe des pieds pour prendre de la hauteur, trouver tous les endroits où il n’y a pas d’œuvre d’art, toucher une œuvre sans la toucher…

 

- « Fais le toi-même » : Un espace qui propose au public de reproduire une œuvre d’art de l’exposition pour prendre le temps de la regarder, d’imaginer les techniques qu’elle implique. Comme une manière de transcender l’idée reçue de « je pourrais faire pareil », en proposant au public de réellement le faire !

 

- La Tutothèque : Une bibliothèque participative remplie de notices détaillant des projets à réaliser soi-même. Cette tutothèque est alimentée à la fois par l’équipe de médiation avec des tutos inspirés d’ateliers menés dans le cadre des expositions mais également par le public qui peut partager ses savoirs et proposer des activités à faire avec le matériel de la ZAP.

 

L’espace de la ZAP inscrit la médiation co-créée au cœur du Centre d’art. Il sédimente la somme des expériences menées au fil du temps et devient de la sorte, à la fois un espace actif mais aussi une archive vivante de toutes les expérimentations de médiation que nous menons, pour les faire fructifier, les mettre en résonance, et les nourrir avec les artistes et les visiteur·euse·s.