Repenser la relation aux publics
En expérimentation depuis 2018, la ZAP est née d’une envie de changer la relation entre le centre d’art et ses publics. Un projet longuement muri, mené par un collectif de salarié·es de tous les services de la Ferme du Buisson apportant leurs compétences sans pour autant n’être définis que par leur poste, et alimenté de rencontres avec artistes et publics, et des expériences menées avec elles·eux.
La recherche a été menée en suivant ces grands principes :
- Remettre en question la position de « sachant » dans laquelle se trouve la∙le médiateur∙trice et proposer au public une autonomie pour arriver à une appréhension de l’art par l’expérimentation ou la mise en avant de ses propres savoirs.
- Améliorer l’accessibilité aux propositions artistiques du Centre d’art pour le public en situation de handicap, notamment avec le développement d’outils sensoriels.
- Proposer des entrées alternatives dans l’art contemporain par la création plastique, le sensoriel mais également le culinaire.
- Créer du lien social avec le public et entre les publics.
- Réunir les conditions de mise en commun des savoirs.
- Co-créer la médiation avec le public, l’équipe mais également les artistes qui exposent au Centre d’art contemporain.
Imaginer un espace commun
Avec la volonté de faire de ce lieu un endroit où chacun·e a l’opportunité de s’exprimer et de découvrir l’art contemporain à travers des approches sensorielles et créatives, la ZAP met à disposition, en libre accès, outils de création artistique et ressources documentaires. Une véritable boite à outils pour accompagner tous les usagers du Centre d’art, public individuel comme groupes, équipe ou artistes exposé·e·s. C’est un espace qui s’ancre dans le faire et la création mais qui s’ouvre à une pluralité d’usages du quotidien : le jeu, le goûter, le repos, etc.
Partant du principe que les adaptations spécifiques enrichissent l’expérience de tous les publics, la question de l’accessibilité est centrale au fait de penser la ZAP comme un espace commun, pour qu’elle soit le plus possible « pour toustes ». Dès le départ, la materiauthèque qui permet une approche sensorielle des expositions est intégrée au le projet. En 2023, la Zone à Partager déménage de l’étage du Centre d’art pour s’installer au rez-de-chaussée du bâtiment dans l’unique salle accessible de plain-pied.
Au fur et à mesure des invitations, questionnements, et de l’usage de l’espace par les publics, la question de la place des enfants dans le Centre d’art et dans la ZAP est devenue primordiale. Comment leur donner la parole, comment créer des lieux dans lesquels iels se sentent libres et en sécurité, et comment créer un espace réellement partagé avec les plus jeunes d’entre nous ?
Pour construire cet espace commun, cinq chantiers collectifs ont été organisés entre 2023 et 2026 pour aménager, éclairer et décorer le nouvel espace de la Zone à Partager. Ces chantiers ont réuni l’équipe de la ZAP et les régisseurs du Centre d’art. La volonté de ces chantiers est de faire résonner la construction de l’espace avec ses usages: un lieu où chacun·e se met dans la position d’apprenant·e, où l’on crée ensemble, en tâtonnant, où l’on est dans une volonté de faire nous-même et de partager nos savoirs.
Une médiation qui se renouvelle
L’espace de la ZAP inscrit la médiation co-créée au cœur du Centre d’art. Il sédimente la somme des expériences menées au fil du temps et devient de la sorte, à la fois un espace actif mais aussi une archive vivante de toutes les expérimentations de médiation que nous menons, pour les faire fructifier, les mettre en résonance, et les nourrir avec les artistes et les visiteur·euse·s.
Cet espace est également une opportunité de travailler autrement : dans le collectif et dans la créativité. Des chantiers aux rendez-vous du groupe de travail la Zone à Partager tente de mettre en place des formes de réflexion et de prises de décisions collectives qui permettent à chaque salarié·e de se déplacer dans son métier.
En 2025, un nouveau chapitre de la Zone à Partager a débuté : la ZAP Mobile, né d’une envie de penser la médiation en lien avec les spécificités des territoires où elle intervient. La version mobile de la ZAP s’est appuyé sur les mêmes principes porteurs du projet : mise en commun des savoirs, pratiques collectives, ouverture à toustes des espaces de création, tout en s’adaptant aux envies du territoire dans lequel elle s’implantait. Ainsi, la ZAP Mobile est née de la consultation et d’ateliers avec les habitant·es du quartier Schweizter Laennec à Chelles, puis a été construite par elleux lors d’un chantier collectif.
Quelques exemples
- La materiauthèque : Pensée comme une réponse à la tentation de toucher les œuvres, elle est composée de matériaux que le public peut retrouver dans l’exposition. Elle s’adapte à l’exposition en cours. C’est un outil sensoriel qui peut servir à la fois pour le public en situation de handicap et comme une nouvelle façon d’orienter sa visite pour tous les publics.
- Les cartes actions : Ces cartes proposent au public des actions simples à réaliser devant une œuvre afin d’approcher l’exposition autrement. En choisissant la carte c’est le·a visiteur·euse qui mène la visite et c’est à son initiative que s’engage une discussion sur les œuvres ou l’exposition.
- La Tutothèque : Une bibliothèque participative remplie de notices détaillant des projets à réaliser soi-même. Cette tutothèque est alimentée à la fois par l’équipe de médiation avec des tutos inspirés d’ateliers menés dans le cadre des expositions mais également par le public qui peut partager ses savoirs et proposer des activités à faire avec le matériel de la ZAP.
Mais la ZAP c’est aussi : une imprimante RISO, une presse à gravure, une machine à coudre, une badgeuse, des tisanes, des assises confortables, des gouges de linogravure, du tissu, une bibliothèque, une machine à écrire et plein d’autres choses pour accueillir les envies, rêves et idées de toutes sortes !
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