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Sauvons la caisse & Faust et Marguerite

Charles Lecocq / Frédéric Barbier / Palazzetto Bru Zane

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Musique

Sauvons la caisse & Faust et Marguerite

Charles Lecocq / Frédéric Barbier / Palazzetto Bru Zane

mar 10 mars 2020 à 20h45 - Théâtre

Tue 10 March 2020 at 8:45 pm - Théâtre

Un voyage dans le temps ça vous tente ? Le Palazzetto Bru Zane nous offre un retour à l’époque du Second Empire et du Boulevard du crime. Au grand siècle de l’opérette et du théâtre léger.

Présentation

Il y a là quiproquos, tours de passe-passe et situations burlesques. Il y a là l’humour, l’amour et la vengeance. Et pourtant… Sous couvert de légèreté, les thèmes abordés par Charles Lecocq et Frédéric Barbier restent follement actuels : la puissance des femmes, la précarité des artistes.

 

Respectivement créées en 1871 et 1869, Sauvons la Caisse et Faust et Marguerite figurent comme deux œuvres majeures du grand répertoire de l’opérette. Habitué de la Ferme du Buisson depuis plusieurs saisons, le Palazzetto Bru Zane - Centre de musique romantique française, s’attache avec brio à faire revivre le répertoire du patrimoine musical français du grand XIXe siècle.

Infos pratiques
mar 10 mars 2020 à 20h45 - Théâtre
Tue 10 March 2020 at 8:45 pm - Théâtre

durée 1h

 

Tarifs et abonnement

buissonnier 10 €
plein 17 €
réduit 14 €
étudiant 10 €
enfant 4 €

Programme
Générique

avec Lara Neumann (soprano), Flannan Obé (ténor), Pierre Cussac (accordéon et arrangements)

mise en scène, décors et costumes Lola Kirchner

 

production Bru Zane France

en partenariat avec Aida 38 - Agence Iséroise de Diffusion Artistique / Opéra de Montpellier / MC2: Maison de la culture - Scène nationale de Grenoble / Salle Bourgie - Musée des beaux-arts de Montréal

Scolaires
Allez + loin

Savoir aller à l'essentiel...

Croirait-on que les opéras et opérettes en un acte représentent presque les deux tiers du répertoire lyrique français de l’époque romantique, tant ils sont peu joués aujourd’hui ? Dans les grands théâtres, ces ouvrages avaient pour mission de servir de lever de rideau aux pièces en trois actes et d’adapter ainsi la durée des soirées lyriques qui devaient occuper le spectateur pendant trois ou quatre heures d’affilée. Dans les salles plus modestes, ces ouvrages formaient le clou de la soirée, concluant souvent une succession de numéros comiques ou chorégraphiques.

Outre l’aspect financier, le décret de 1807 fait peser jusqu’au Second Empire des proscriptions sur les petits théâtres : pas plus de deux ou trois personnages en scène, pas de chœur, pas de ballet... Faire beaucoup avec peu, laisser imaginer ce qu’on ne peut montrer, animer la coulisse, présenter des personnages muets, renvoyer à l’imaginaire collectif. En découle un répertoire incroyablement drôle qui ne manque pas de prendre à partie le public pour que scène et salle ne fassent qu’un, célébrant à l’unisson cet « esprit de Paris » à mi-chemin entre comique grivois et surréalisme des situations.

 

Charles Lecocq (1832-1918)

Sauvons la caisse

Opérette en un acte sur un livret de Jules de La Guette, créée le 22 décembre 1871 à la Tertulia-Parisienne.

La création de Sauvons la caisse eu lieu lors de l’inauguration d’une salle de spectacle modeste – la Tertulia-Parisienne, café-concert situé rue de Rochechouart. Écrite par Jules de La Guette, collaborateur ponctuel de Lecocq, l’histoire débute tambour battant. Amoureux en secret de Fille de l’air (écuyère dans un cirque forain), Cruchinet (jeune domestique) a subtilisé à celle-ci la grosse caisse qu’elle utilise au cours de son numéro de voltige. La jeune femme vient justement demander à voir son maître, l’aristocrate hongrois Tropouridchick. Ce dernier absent, le domestique pense trouver là l’occasion de séduire l’écuyère en revêtant le costume du Hongrois. Quelques coups de cravache plus tard, il réalise que la raison de la visite de Fille de l’air était la vengeance.

Peu – mais favorablement commentée par la presse de l’époque –, Sauvons la caisse est la dernière production parisienne de Charles Lecocq avant son départ pour Bruxelles et le succès des Cent Vierges puis de La Fille de Madame Angot, aujourd’hui encore régulièrement représentée. Sans prétendre à la nouveauté, l’art léger et pétillant du compositeur se distingue par une écriture efficace mise au service d’un indéniable sens dramatique, qui le placent aux côtés des grands maîtres de l’opéra-comique et de l’opérette.

 

FrédéricBarbier (1829-1889)

Faust et Marguerite

Saynète-bouffe sur un livret de Félix Baumaine et Charles Blondelet, créée au Concert des Ambassadeurs le 23 juillet 1869.

Alors que la création de Faust de Gounod au Théâtre-Lyrique ne génère pas vraiment de parodies sur les scènes secondaires, la situation est tout autre, dix ans plus tard, lors de la reprise (et de l’adaptation) de l’oeuvre à l’Opéra. Le Petit Faust d’Hervé ouvre, le 23 avril 1869, le bal des Faust d’opérette qui peuplent les théâtres et cafés-concerts jusqu’aux revues de fin d’année. La saynète-bouffe de Frédéric Barbier, dans laquelle les onomatopées sont reines et les dialogues de plus en plus absurdes, est cependant moins une parodie de l’oeuvre elle-même que des artistes destinés à interpréter l’opéra de Gounod aux quatre coins de l’Hexagone.

Elle met en scène les époux Lehuchoir, « chanteurs de province », s’apprêtant à interpréter Faust et Marguerite à Fouilly-les-Mouches. Le comique de situation réside dans l’écart existant entre les aspirations du public – désireux d’accéder au grand opéra sans se rendre à Paris – et les faibles moyens à disposition des artistes.

En caricaturant l’activité théâtrale des villes moyennes, Frédéric Barbier compose en connaissance de cause : ses premiers succès ont eu lieu à Bourges, notamment avec Le Mariage de Colombine (1852). Après son arrivée à Paris et au Théâtre Lyrique, il ne cessera plus de produire jusqu’à sa mort, composant aussi bien des ballets, pantomimes, romances et partitions pour piano.