Cette saison, nous démarrons un nouveau cycle avec trois artistes associé·es. Faisons connaissance !
Clémence Coullon

« Être associée à la Ferme du Buisson, c’est une chance folle. C’est la possibilité de bénéficier d’un laboratoire pour créer dans les meilleures conditions, de continuer à grandir… »

Comédienne, metteuse en scène et autrice, Clémence Coullon fait partie de ces jeunes artistes dont le parcours s’écrit à grande vitesse, porté par une énergie joyeuse et un goût prononcé pour le travail de troupe. Son approche puise autant dans les écritures contemporaines que dans l’art du conte ou le théâtre de tréteaux. À sa sortie du Conservatoire, son Hamlet(te) marque durablement les esprits. Cette aventure fondatrice, menée avec une fougue contagieuse, est capturée par Valérie Donzelli dans Rue du Conservatoire, film délicat sur l’éclosion d’une génération d’artistes. Ce spectacle attire l’attention de Julie Deliquet, qui l’accompagne en tant que directrice du Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis, où Clémence Coullon affine son regard de metteuse en scène et affirme une écriture tournée vers le collectif.
En janvier 2026, elle signe sa deuxième mise en scène avec Le Roi, la Reine et le Bouffon, dont elle est aussi l’autrice. Créée dans sa forme finalisée à la Ferme du Buisson, cette fable burlesque et cruelle sur les mécanismes du pouvoir reçoit un accueil vibrant du public et de la critique. Par ailleurs, Clémence Coullon continue d’être interprète pour divers artistes, un moyen « de découvrir comment les autres metteur·euses en scène travaillent et de sensibiliser [son] regard à d’autres manières de mettre en scène. » Elle sera notamment Juliette, « l’un des plus beaux rôles de Shakespeare », cette saison sous la direction de Guillaume Séverac-Schmitz. Elle poursuit aussi de nombreuses actions auprès des publics, une démarche « extrêmement importante : pouvoir transmettre mais aussi apprendre beaucoup des autres. » Aujourd’hui, la Ferme du Buisson prend le relais dans l’accompagnement de Clémence Coullon ; elle se fait maison, foyer et refuge pour cette artiste au talent plus que prometteur. Un lieu pour poursuivre les recherches, affirmer une signature et soutenir une trajectoire déjà singulière.
Arthur Sidoroff

« J’ai une histoire intime avec la Ferme du Buisson. Gamin, j’allais y voir des artistes de cirque qui ont forgé mon regard. C’est un lieu emblématique. Y être associé, ça me donne le moral, et beaucoup de courage pour aller au bout de mes projets. »

Artiste de cirque, fildefériste et metteur en scène, Arthur Sidoroff développe un parcours, ancré dans le territoire et la relation au vivant. Il découvre le cirque à l’adolescence à Vitrysur- Seine, avant de s’engager, après un stage de 3e au Théâtre Zingaro, dans une voie peu commune : celle du spectacle équestre itinérant. Formé comme palefrenier-soigneur d’équidés, il passe plusieurs années aux côtés des chevaux, une expérience fondatrice. Il prolonge son apprentissage en intégrant l’École nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois, où il découvre le fil, discipline qui deviendra centrale dans son travail. Il poursuit sa formation à l’Académie Fratellini, affirmant une écriture acrobatique sensible. Très vite, son parcours s’ouvre à des collaborations éclectiques : avec la compagnie londonienne de danse hip-hop Far From The Norm, de nouveau chez Zingaro, avec les collectifs AOC et Porte 27, ou encore avec le metteur en scène Mathieu Bauer.
À partir de 2019, il développe ses propres créations et co-signe, avec le musicien Thomas Caillou, le duo Robert n’a pas de paillettes. Pour la Nuit Blanche 2020, il imagine Masse, au cœur d’une ancienne centrale à charbon de Vitry-sur-Seine. Dans le prolongement de ces expériences, il fonde La Fauve, compagnie pluridisciplinaire dédiée à l’inscription durable du cheval dans le territoire urbain, dont Rêve Parade devient le projet principal. Il y interroge les liens entre création artistique, engagement social et enjeux politiques, plaçant le bien-être animal au cœur du processus : aussi bien dans la vie quotidienne des chevaux que dans l’organisation du travail, pensée comme une véritable coopération. Il n’est ici jamais question de dressage mais de compagnonnage. Aujourd’hui, la Ferme du Buisson soutient Arthur Sidoroff dans sa dynamique de recherche, offrant un cadre propice à l’invention. Elle sera en première ligne de sa prochaine création : Cosmo Bronco, projet ambitieux attendu en 2027.
Gwendoline Blosse

« La Ferme du Buisson est un lieu audacieux qui décloisonne ! Je me vois bien, pendant trois ans, à l’intersection de différents domaines : la relation aux publics, le cinéma, l’art visuel. J’aime la transversalité et les collaborations. »

Designer graphique et créatrice culinaire, Gwendoline Blosse trace un chemin où la création se déguste et où la cuisine devient un langage visuel à part entière. Originaire de Nantes, elle construit un parcours hybride, à la croisée de l’image, du spectacle et de la gastronomie. Formée d’abord en arts appliqués puis aux métiers du spectacle, elle développe très tôt une attention à la scénographie, à la lumière, à la circulation du regard. Le graphisme, l’illustration et le webdesign affinent ensuite son langage visuel, sensible et coloré, volontiers ludique. Son travail s’oriente vers ce qu’elle nomme le design culinaire, un territoire encore peu balisé où l’on compose avec des textures, des volumes et des saveurs comme avec des formes et des pigments. Le dessin y tient une place centrale, non comme décor, mais comme outil de recherche : lignes comestibles, architectures sucrées ou modules transparents révèlent couleurs et jeux de lumières.
Parmi ses projets emblématiques, LUMINO transforme la pâte de fruits en sculptures géométriques et invite le public à composer un banquet lumineux collectif. Collaborant avec des structures culturelles, elle conçoit des oeuvres immersives où chacun·e observe, manipule et goûte. Au coeur de son projet, ce qu’elle nomme « la règle des 3 : une contrainte visuelle (graphisme, scénographie, espace), l’alimentaire (il faut que ça se mange !) et l’action du public (à un moment donné, le public doit intervenir) ». Elle cherche à créer des expériences qui éveillent les sens et déplacent le regard. Associée à la Ferme du Buisson, elle contribuera, à sa manière, à interroger l’héritage de la ferme nourricière. Au xɪxe siècle, ce lieu avait pour vocation de produire l’alimentation de la cité ouvrière de la chocolaterie Menier ; aujourd’hui un sujet irrigue l’ensemble du projet de l’établissement : qu’est-ce qui nous nourrit ? Pendant plusieurs années, Gwendoline Blosse déploiera ici tout son talent et partagera avec les habitant·es ses oeuvres, aussi fascinantes que savoureuses.