Le mois du doc
Depuis 2000, Le Mois du doc met à l’honneur le cinéma documentaire dans toute la France, dans les médiathèques et les salles de cinéma. Le thème mis en avant cette année est Contre-courant.
Contre-courant invite à porter un regard vers celles et ceux qui choisissent – ou sont contraint·es – d’emprunter des voies divergentes. À l’encontre des normes, des récits dominants et des pouvoirs en place, des trajectoires individuelles et collectives dessinent d’autres manières d’agir. Aller à contre-courant, c’est résister, bifurquer, refuser l’évidence, proposer des alternatives, ouvrir une brèche là où tout semblait tracé d’avance.
Luttes minoritaires, engagements invisibilisés, voix oubliées ou censurées : le cinéma documentaire a cette capacité singulière de les rendre perceptibles et de faire émerger des récits dissonants. Il capte les élans de révolte, les combats patients, les gestes quotidiens qui, parfois discrètement, parfois frontalement, contestent l’ordre établi et proposent d’autres possibles. Nous proposons 4 films qui questionnent le monde non pas en suivant le flux, mais en osant s’opposer – pour mieux en révéler les tensions, les fractures et les espoirs.

du 11 au 17 novembre
Qui vit encore de Nicolas Wadimoff
Suisse - 2025 - 1h54 - VO
Villes, camps et quartiers sur une carte de Gaza. Quelques traits blancs sur un sol noir. Dans les contours tracés sommairement, neuf réfugié·es gazaoui·es qui ont pu échapper à l’enfer racontent. Leurs vies d’avant, la perte des êtres chers. Des existences oppressées, mais pas encore réduites en cendres. En partageant leurs récits, les protagonistes tentent de se reconnecter à eux-mêmes. Et de revenir, peut-être, à la vie.
du 11 au 17 novembre
Un hiver russe de Patric Chiha
France - 2026 - 1h27 - VO
Après l’invasion de l’Ukraine en 2022, de nombreux Russes ont été confrontés à un choix douloureux : la prison, l’armée ou l’exil. Margarita, Yuri et leurs amis, ont été poussé à l’exil parce qu’ils refusaient de se plier au régime. Ballottés par l’Histoire, entre Paris et Istanbul, nulle part vraiment les bienvenus, ils cherchent leur place dans le monde.
Télérama « Un film envoûtant sur une jeunesse déracinée, à la fois punk et mélancolique. »
samedi 21 novembre à 18h45
projection suivie d’un débat avec l’historien Tangui Perron
Octobre à Paris de Jacques Panijel
France - 1962 - 1h10 - VO - copie numérique restaurée
Le 17 octobre 1961, 30 000 Algériens manifestent à Paris contre le couvre-feu auquel ils sont soumis. Sous l’autorité du préfet Maurice Papon, la police les réprime sauvagement, tabassant, tuant, jetant dans la Seine des centaines d’entre eux tout en se livrant à des milliers d’arrestations… Entrepris clandestinement peu avant la fin de la guerre, Octobre à Paris retrace la préparation et le déroulement de cette manifestation. Longtemps censuré par l’État français, le film restera invisible pendant des décennies.
mardi 1 décembre à 19h
projection suivie d’un débat avec le réalisateur Laurent Véray, historien du cinéma et professeur à l’université Sorbonne Nouvelle
Haute solitude, Jean Zayprisonnier politique de Laurent Véray
2025 - 1h38 - avec la voix d’Éric Caravaca - Grand Prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois
Jean Zay devient en 1936 à 31 ans ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front populaire. En août 1940, il est arrêté puis détenu pendant quatre ans par le régime de Vichy en raison de ses idées politiques. Depuis sa cellule, devenue un espace-temps hors du monde, il entreprend un retour sur son passé et sur lui-même. Il sera assassiné par la milice de Vichy le 20 juin 1944.
Télérama « Un magnifique portrait introspectif de Jean Zay dans lequel l’Histoire et la politique croisent la littérature et l’éthique. »
dates et horaires
jeudi 12 novembre
vendredi 13 novembre
samedi 14 novembre
dimanche 15 novembre
lundi 16 novembre
mardi 17 novembre
tarifs
4,5 € buissonnier·ère
7,5 € plein
6 € réduit
5,5 € moins de 26 ans / minima sociaux
4 € enfant
billetterie sur place au cinéma