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Wolf von Kries, Study Room, 2010, Ferme du Buisson

Wolf von Kries, Study Room, 2010, Ferme du Buisson

© Aurélien Mole

© Aurélien Mole

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Centre d'art

Art Center

Wolf von Kries

Wolf von Kries

Échantillons sans valeur / Muster ohne wert / Samples of no value

Muster ohne Wert / Samples of no value / Echantillons sans valeur

exposition

exhibition

du 20 fév au 2 mai 2010

from 20 Feb to 2 may 2010

Le Centre d’art contemporain de la Ferme du Buisson invite l’artiste allemand Wolf von Kries à réaliser sa première exposition personnelle en France. Conjuguant des travaux antérieurs et des œuvres inédites, elle offre l’opportunité de découvrir un large corpus de son travail.

The Contemporary art centre has invited German artist Wolf von Kries to present his first solo exhibition in France. It gives the public an opportunity to discover a wide array of his works, exising and new.

Caractérisé par sa rigueur conceptuelle et son inventivité formelle, le travail de Wolf von Kries ne se confine pas à un seul medium ou à un vocabulaire plastique facilement identifiable. D’un projet à l’autre, il navigue librement de la sculpture à l’installation, de la vidéo à la photographie, brouillant les frontières entre objet d’art et réalité quotidienne. Arpenteur infatigable, l’artiste explore aussi bien les pays lointains que son environnement immédiat, comme si le monde était un texte à déchiffrer. Pour ce faire, il procède de manière quasi scientifique : collectant des objets, observant des phénomènes, conduisant des expériences, établissant des comparaisons.

 

Il s’intéresse aux processus de formation (ou de transformation), qu’ils soient biologique, chimiques, culturels ou économiques. Chez lui, rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme et se reconfigure. Ses œuvres convertissent l’ordinaire en extraordinaire à travers une approche à la fois résolument matérielle et mystérieusement poétique. Se saisissant d’objets ou de situations trouvés dans l’espace urbain, Von Kries les altère pour créer des scénarios inattendus. Faisant preuve d’une grande économie de moyens, il met à jour des rencontres fortuites, des significations cachées, des relations spatiales ou des correspondances formelles. Autant de connections hasardeuses, fantaisistes ou paradoxales que le spectateur est amené à découvrir ou à prolonger.

 

Wolf von Kries intitule son projet pour la Ferme du Buisson « Echantillons sans valeur ». Cet énoncé qui estampille les produits gratuits ou libres de taxes, peut être considéré comme l’équation de l’exposition : cette dernière est traversée par des questions à la fois économiques et structurelles. L’artiste considère des structures et des motifs quotidiens sans valeur intrinsèque pour y prélever des « échantillons » – un objet, un code visuel, un processus. Il examine la récurrence de ces motifs dans différents contextes et s’en sert comme point de départ à une investigation autour des processus de production et de consommation. Il invite à reconsidérer les critères économiques en vigueur en mettant à l’honneur expérimentation, artisanat, recyclage, et autres activités improductives…

 

L’exposition présente ainsi des objets ordinaires transfigurés, qui renvoient à une recherche de la forme parfaite et à des modèles utopiques. Pour Sphère géodésique, des journaux quotidiens collectés au début de la crise financière sont agencés en une construction aux allures futuristes. Les structures géodésiques ont été popularisées par l’architecte Buckminster Fuller, autodidacte avant-gardiste et visionnaire écologique, qui les conçoit comme des structures dynamiques et autoportantes, où tous les éléments sont à la fois autonomes et interdépendants. Ailleurs, des affiches publicitaires ont été retournées puis recouvertes d’une constellation de rebus de perforeuse récoltés dans les bureaux d’une entreprise de consulting. Cette « neige » qui parsème les dos bleus évoque la neige TV et la notion de bruit blanc, et l’absence d’information qui leur est associée. Plus haut, un flacon de parfum datant de 1969 a été ouvert et laisse échapper son effluve sous une image de la terre prise depuis la lune la même année. L’œuvre produit ainsi un raccourci, du voyage dans le temps au voyage dans l’espace, à travers une fiction olfactive. Ou encore, des boîtes de conserves aux contenus et aux origines diverses affichent toutes la même date de péremption : le 30 avril 2008. Le 1er mai, une révolution invisible se serait donc produite à l’intérieur des boîtes…

 

De cette manière, l’artiste interroge les différents systèmes de production de valeur mais construit aussi des mondes en soi, en réinventant un certain ordre des choses en équilibre constant entre chaos et tentatives d’organisation.

Wolf von Kries does not limit himself to one medium, but navigates freely between sculptures, installations, video and photography, blurring the lines that exist between works of art and everyday objects. A tireless walker, he likes to explore faraway lands as well as his immediate surroundings, as if the world was a text to decipher. In this aim, he follows a near-scientific approach - collecting objects, observing phenomena, conducting experiments, establishing comparisons.

 

His work turns the ordinary into the extraordinary through a specific process that is both material and mysteriously poetic. Nothing is wasted, nothing is created, but everything is transformed and reconfigured. Von Kries uses existing objects and situations - such as a molten bit of concrete, the concentric circles left by the rain on the pavement, the creaking doors of his childhood – then alters them in order to create unexpected scenarios. With very limited means, he unveils fortuitous encounters, hidden meanings, spatial relations and formal correspondence. All these random and unorthodox connections are to be discovered or extended by the audience.

 

For the Ferme du Buisson, the artist makes use of the history of the place and its links with the Menier industrial empire as a prism through which to investigate the concepts of value and progress. Seemingly trivial objects are his starting point, from which he imagines utopian models, such as a giant inner tube covered with a starry constellation of repair patches, a geodesic structure ma de of daily papers, a mirrored pyramid of sugar lumps, a collection of food cans from all over the world with identical expiry dates, etc. The exhibition therefore indirectly evokes the current economic situation, while developing an intentional poetry of the makeshift and the amateurish as a way to create parallel universes.

du 20 fév au 2 mai 2010
from 20 Feb to 2 may 2010

horaires

mercredi, samedi, dimanche

de 14h à 19h

et toute la semaine sur rendez-vous

 

tarifs

2€ TP, 1€ TR, entrée libre (groupes, buissonniers, -de 12 ans)

 

visites

visites commentées tous les samedis à 16h

 

groupes

gratuit, sur réservation au 01 64 62 77 00 ou rp@lafermedubuisson.com

opening hours

Wednesday, Saturday, Sunday

from 2 to 7 pm

 

admission

2€, 1€, free for children, Ferme du Buisson members ans groups

 

visits

exhibition tours every Saturday at 4pm

 

groups

book on +33 (0)1 64 62 77 00 or rp@lafermedubuisson.com

sam 20 fév à 17h

vernissage

navette gratuite au départ de Paris-Bastille à 16h

(réservation indispensable)

Sat 20 Feb at 5pm

opening

free shuttle from Paris-Bastille at 4pm