Déconseillé aux enfants
FESTIVAL TEMPS D’IMAGES 2008
Chantier / Création
Magali Desbazeille / Valéry Volf / Gilles Leroy
Nos désirs en prise avec le monde numérique. Ou quand le virtuel démultiplie le « je » en figures multiples et protéiformes.
- Réserver pour le festival TEMPS D’IMAGES
Grande page blanche sur le plateau vide, l’écran de projection offre sa surface au flux des requêtes en errance dans l’espace des réseaux. Rendre visible, sur scène, ce qui se trame des demandes et des désirs confiés au monde du non lieu, au lieu-dit Internet.
Arpenteurs de l’espace invisible du net, les artistes captent - en temps réel - des mots-clés, des demandes qu’ils projettent dans l’espace de la représentation. Entrent alors dans le champ de l’écran-page, phrases, mots, en lignes qui souvent se chevauchent, se démultiplient jusqu’à saturation. Leur défilement horizontal est construit, rythmé suivant la vitesse de leur avancée, leur graphisme, leurs arrêts - leurs tremblements. Des requêtes pré-enregistrées créent une deuxième temporalité dans la construction du dispositif.
L’écran n’est pas seulement la page. Il se divise en quatre stores vénitiens qui parfois ouvrent la trouée d’une fenêtre derrière laquelle on voit un comédien-performeur. Il agit en relation avec le défilement des requêtes. Monsieur Loyal, montreur de l’illusion de vouloir expliquer, il appartient à la dramaturgie où le désir d’informer entre en tension avec le propos esthétique de la fiction. Il se déplace, franchit la frontière de l’écran vers l’avant de la scène - théâtralise le spectacle. Son corps crée le lien entre l’espace non mesurable, abstrait, des réseaux informatiques et l’espace physique des spectateurs. L’ouverture des stores laisse voir toute la machinerie du spectacle. Derrière l’écran s’affairent les deux opérateurs du système interactif. Ainsi se montre, prise dans le dispositif de la narration, la technologie, son rapport à l’art. Des ruptures dans le flux des énoncés, laissent entendre, dans le noir qui se fait, des voix diverses et singulières. Voix off portant des textes enregistrés qui signent la présence d’un sujet, le cheminement d’une pensée. Voix d’internautes dans leurs différences. Elles se distinguent de la voix machinique qui souligne les requêtes, de la voix du performeur sur scène. Les diverses tonalités des voix rejoignent l’espace de la création sonore qui se diffuse en volume autour et au-delà de la surface plane de l’écran. L’écran plat reçoit la partie visible de l’activité des réseaux, appelle un imaginaire de la profondeur que suggère la musique électronique dans ses résonances. Un espace hanté par l’insaisissable de ses limites.
Texte : Josette Sultan
Durée 30 mn
• Conception artistique : Magali Desbazeille et Valéry Volf • Textes : Gilles Leroy • Performance : Valéry Volf • Son et interactivité : Siegfried Canto • Lumière : Renaud Lagier • Traduction : Maura Pollin • Informatique : Sébastien Courvoisier • Production : Made In Productions • Coproduction : TEMPS D’IMAGES 2008 / La Ferme du Buisson, Scène nationale de Marne-la-Vallée ; DICRéAM (aide à la maquette) • Résidences de création : Le Fresnoy - Studio national des Arts contemporains de Tourcoing ; La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon ; Centre national des Écritures du spectacle • Remerciements : à l’Association Artère pour le prêt de matériel et au Centre national de la Danse pour le prêt de studio.
















