Tout public
CENTRE D’ART
PORTRAIT DE L’ARTISTE EN SPECTATEUR
Stéphanie Nava / Gilles Balmet / Claude Closky / Hans-Peter Feldmann / Ceal Floyer / Elise Florenty / Sofia Hultén / Ilanit Illouz / Fiorenza Menini / Julian opie / Jozef Robakowski
Une exposition avec : Gilles Balmet, Claude Closky, Hans-Peter Feldmann, Ceal Floyer, Elise Florenty, Sofia Hultén, Ilanit Illouz, Fiorenza Menini, Stéphanie Nava, Julian Opie, Józef Robakowski
Comment être un témoin privilégié du monde tout en restant chez soi ? En se penchant à la fenêtre… Considérant une posture récurrente dans le champ artistique, depuis les peintres romantiques jusqu’à Marcel Duchamp ou Andy Warhol, l’exposition rassemble des œuvres où le cadre d’un chez soi structure le regard et la subjectivité, et contribue à stabiliser un monde en mouvement perpétuel, souvent au bord de la rupture.
Observer le monde depuis le trou de la serrure permet de se soustraire à la surexposition d’une société voyeuriste et de préserver un espace privé d’où agir sur l’espace public. Ici, l’enregistrement du quotidien, parfois accidentel ou machinal, devient un processus de traduction, d’écriture ou de postproduction, qui met en jeu des conditions de perception et de participation – émotionnelle, pratique, politique – au monde. Les artistes projettent sur le réel des formes avec lesquelles ils tentent de le comprendre mais aussi de le façonner. En retour, ils sont transformés par ce qu’ils laissent pénétrer par leur fenêtre. Regard-Caméra réunit des artistes de générations et d’horizons très divers pour croiser des points de vue singuliers. Où il est question de la Pologne et d’Israël, de Londres, de Berlin, de New York ; où l’histoire personnelle et les petits événements du quotidien se confondent avec les grands bouleversements historiques, sociaux et politiques ; où l’expérience vécue se confronte à sa transcription par le langage. Un parcours s’élabore autour de multiples tensions : entre contemplation et surveillance, fiction et documentaire, espace physique et espace social, désoeuvrement et désir d’action, vision, aveuglement et hallucination…
En hors-champ : l’artiste en spectateur, qu’on ne voit pas mais auquel on s’identifie. En conjugant mise à distance et tentative d’appropriation, ces œuvres renvoient le spectateur de l’exposition à sa propre situation. Etre spectateur – de la réalité en bas de chez soi ou d’une œuvre d’art – qu’est-ce que cela implique ? Cette situation ordinaire peut-elle devenir un acte de transformation du monde, et de soi ? Constituer une prise de position ? Répondre à la double nécessité de prendre son temps et de rester en alerte ?
















