Tout public
CENTRE D’ART
Jean-Marc Chapoulie / Cécilia Becanovic / Charlie Jeffery / Loreto MartÃnez Troncoso / Julien Bismuth
Cinq expositions de :
Julien Bismuth, Cécilia Becanovic, Jean-Marc Chapoulie, Charlie Jeffery, Loreto MartÃnez Troncoso
Exposition du 28 novembre 2009 - 31 janvier 2010
Samedi 28 novembre de 15h à 20h : performances inaugurales
Samedi 23 janvier à 17h : Conférence en mouvement de David Zerbib suivie d’un concert de Charlie Jeffery et Mud Orchestra
Considérant que toute exposition procède d’un ensemble de gestes, de déplacements, de discours, de prises de parole et de décisions qui disparaissent habituellement dès l’ouverture au public, TREASURES FOR THEATRE s’intéresse à ce moment précis où la performance bascule vers l’exposition, la scène vers l’installation, le live vers le display. Parce qu’une exposition apparaît souvent comme le théâtre d’événements passés où l’on peut avoir le sentiment d’arriver trop tard, cinq personnalités, artistes et commissaires, sont invités à produire une exposition sous nos yeux.
Si les pratiques de Cécilia Becanovic, Julien Bismuth, Jean-Marc Chapoulie, Charlie Jeffery et Loreto MartÃnez Troncoso sont très différentes, elles ont en commun d’être traversées par une forme de théâtralité où entrent en jeu une transversalité des genres, une prise en compte du spectateur comme élément déterminant, une action sous tendue par un texte, un rapport complexe à l’empathie et à la représentation. Toutes s’inscrivent ainsi dans un va-et-vient entre des formes performatives et un intérêt particulier pour la question de l’exposition. Entre le moment où tout est encore en mouvement, incertain, à celui où les choses sont arrêtées, installées.
Ici, proposition leur est faite d’expérimenter cette articulation, de la mettre en scène à partir de données communes : un espace vide à habiter, un face à face avec le public, du temps réel et du temps différé. Une journée de performances inaugurales donnera naissance à des expositions accessibles au public durant deux mois. Une journée pendant laquelle les choses se chercheront, s’énonceront, trouveront peu à peu leur place, en passant par les formes les plus diverses : un monologue solitaire, des tentatives d’hypnose, un accrochage de peintures, une chorégraphie invisible… Une journée pendant laquelle les événements se succèderont et rempliront l’espace petit à petit, salle par salle. Le texte de l’exposition s’écrira devant nous et l’espace se fabriquera, concrètement. Les artistes en narrateurs, bonimenteurs ou simples démonstrateurs y raconteront des histoires où il sera question d’immobilité et de passage à l’action, de présence et d’absence, de réalités et d’illusions, de révélation et de dissimulation… Comme une maison hantée, l’espace restera chargé des tensions et des énergies contradictoires qui l’auront traversé. Les expositions ne présenteront pas uniquement les traces des performances, elles seront leur horizon, et fonctionneront de manière autonome. Aux corps des performeurs se substitueront des sculptures, des éléments de mobilier, une présence animale ; leurs projections mentales s’incarneront dans des tableaux, des images en mouvement, des voix venues d’ailleurs… Les spectateurs viendront à leur tour investir la scène de l’exposition laissée vacante et la réanimer avec leurs propres rituels. Les situations construites par les artistes resteront ainsi toujours sujettes à bifurcation, à traduction, à réactivation. Où l’on verra, en mettant au même niveau le théâtre, une visite d’exposition, le cinéma ou une lecture de texte, que la distinction entre ceux qui agissent et ceux qui regardent est plus floue qu’il n’y paraît…
Après la journée du 28 novembre, que restera-t-il de leur performance ? Comment cette même performance peut-elle devenir une exposition ? Réponses.
Cécilia Becanovic : Une forme qui je l’espère sait se mettre en sommeil (sans qu’il soit jamais trop tard pour la réveiller)… Si on joue, comme c’est souvent le cas pour la performance, sur un double tableau : en privilégiant le moment unique, l’événement factuel, ponctuel et, en même temps, une certaine permanence.
Ce qui m’intéresse, c’est de créer une exposition en soi sans qu’il
soit question d’accessoires promus en saintes reliques ou
d’enregistrement filmique, simplement en faisant exister un temps de
parole au milieu d’Å“uvres déjà produites ; un travail autonome qui
cultive un certain mystère après avoir été inquiété, ouvert et peut-
être un peu trop bavard.
Julien Bismuth : la performance donnera lieu à une vidéo, mais qui aura été filmé avant, sans public donc. Il restera aussi les objets scéniques (une table, une chaise au sol). Des images aussi, et puis surtout le texte, le scénario de la pièce qui en est à la fois la matrice, mais aussi la documentation la plus fidèle
Jean-Marc Chapoulie : Après la performance, il restera 1/65e d’exposition, sachant que l’exposition dure 65 jours. Mais je compte revenir plusieurs fois pour augmenter le ratio. Plus sérieusement, un film d’une durée indéterminée dans un espace bien concret, fabriqué et exposé lors de cet événement… Comme le dit David Zerbib : "au sens littéral, une performance est toujours une exposition, tout dépend ce à quoi l’art s’expose."
Charlie Jeffery : Ce qui restera ce sont les éléments qui étaient déjà en place avant ma performance. Cependant à ces éléments s’ajouteront les empreintes successives d’interventions qui se seront déroulées lors de la performance. Des éléments sonores feront leur apparition de temps à autre.
Je souhaiterais reformuler la question en intervertissant les termes posés, et vous demander ceci : comment une exposition peut-elle devenir performative ? On pourrait aussi poser la question de la façon suivante : de quelle façon est-ce qu’une exposition constitue un événement ou une série d’événements en relation avec le temps et l’espace ? Ce qui est souvent important dans ma démarche, c’est la façon dont l’énergie se déploie, que l’Å“uvre prenne la forme d’une vidéo, d’une installation, d’un texte ou d’un spectacle. Ainsi, une exposition dont ni les intentions ni le but ne permettraient de l’ancrer dans le domaine du performatif, et pour laquelle aucune action ne se passerait en direct, peut tout de même être considérée comme performative dans son essence, puisque dans ma pratique le geste et l’objet sont étroitement liés.
Loreto MartÃnez-Troncoso : J’aimerais pouvoir imaginer le dîner de quelqu’un qui a vu un accident de voiture la journée et qui raconte ce qu’il a vécu à son amoureuse ou amoureux, à sa mère, père, frères, soeurs, enfants ou autres familles avec lesquels il partage ce dîner. Une légende, peut-être… Si je suis capable de trouver un raison pour faire une performance en partenariat avec un homard, et si je trouve un autre raison qui implique que ce homard soit vivant, je lui construirai son habitat pour la durée de l’exposition. Plus pour une exposition que pour un rendez-vous, il m’est difficile d’imaginer des dispositifs qui permettent aux visiteurs de se rendre compte, que chaque moment (pendant lequel leur cheveux poussent ou ne poussent plus) est un moment historique.
Tarifs
Tarif plein : 2€ / Tarif réduit :1€ / Tarif étudiant / Tarif Buissonnier / Tarif 20ans ! : Entrée libre
Horaires
Mercredi, samedi, dimanche de 14h à 19h
Sur rendez-vous en semaine
Visite guidée tous les samedis à 16h
Photographie ci-dessus Charlie Jeffery, Body double / Preserved, 2008 © Raphaël Chipault
Ci-dessous Vues d’exposition : © Aurélien Mole
















