Discours

Que serait un monde sans prisons ?

Rencontre avec la plasticienne Sheena Hoszko

ven 1er fév 2019

Le temps d'une résidence de trois mois au centre d'art contemporain, la sculptrice canadienne Sheena Hoszko explore les relations entre contrôle physique des corps et santé mentale. Le fruit de son travail est à découvrir dans le cadre de l'exposition Take Care du 3 mars au 21 juillet 2019.

Mardi 22 janvier, Sheena reçoit autour d'un café l'équipe de la Ferme du Buisson dans la salle de travail qui lui est dévolue au centre d'art. Avec un accent québécois qui fait des allers et retours entre le français et l'anglais, elle parle de sa démarche d'artiste, de ses oeuvres précédentes et de son engagement de militante anti-prison à Montréal.

 

La réflexion qu'elle nourrit sur les questions de pouvoir l'amène à s'intéresser à l'espace carcéral et à la santé mentale des individus emprisonnés. Ou quelles sont les conséquences de l'exercice du pouvoir sur des personnes dans un espace donné. Et si la prison ne fonctionne pas, quelles sont alors les alternatives ? Il faut dire qu'elle connaît bien le sujet ; elle a notamment réalisé une oeuvre intitulée 35+ Prisons in Québec qui est le résultat d'un an de visite de l'ensemble des prisons québécoises.

 

Sa résidence a pour titre The Limits of Care, les limites du soin. En se penchant sur les différences entre la Canada et la France, elle interroge les limites de l'État et les limites des individus face à cet État. Notamment dans les prisons où la notion de soin, de considération de l'individu est quasi inexistante. Son travail à la Ferme du Buisson sera partagé avec le public, à travers une oeuvre créée in situ et présentée dans l'exposition Take Care mais également à l'occasion de rencontres ou de conférences.