Retours

Cours de rap improvisé

mar 7 mars 2017

Dernière semaine de février en Seine-et-Marne. Qu'ont eut en commun des lycéens de Noisiel, Pontault-Combault, Torcy et des collégiens de Champs-sur-Marne, Esbly, Saint-Germain-sur-Morin et Chelles (77)* ? Une expérience peu commune. Un bond dans le temps, dans un futur proche où le rap serait une matière enseignée à l'école.

Certaines classes de ces établissements ont en effet assisté à un cours peu habituel... qui était en fait un spectacle. Conçu pour être joué dans une salle de cours, à la place d'un de leur cours et sans que les élèves ne soient informés, le spectacle joue sur l'effet de surprise et prend au dépourvu ceux qui y assistent.


Ce spectacle, c'est Master. Mis en scène par Jean-Pierre Baro d'après un texte de David Lescot, il met en scène un professeur qui enseigne l'histoire du rap en France et un élève interrogé sur sa leçon lors d'un cours qui dégénère en clash verbal. En musique et en rythme, professeur et élève s’affrontent avec leurs mots, en rime et avec style :

 


L’élève : "Pardon monsieur le Français, mais le milieu je le connais bien
J'y suis né, d'une mère malienne et d'un père algérien
J'ai pris cher dans les deux sens question diversité,
Moitié Black, moitié Rebeu : cent pour cent discriminé."

 

Le prof : "Laisse-moi te dire une chose :
La galère où j'ai ramé n'était pas raciste
La galère où j'ai ramé était égalitariste
Quelle que soit ta couleur, celle des murs était la même
Noirs, blancs, jaunes, feujs, rebeux, on s'entassait idem
La pauvreté est un principe démocratique
On était tous égaux devant l'absence de fric."

 


Grâce à leur verve et leur présence, les comédiens Amine Adjina et Rodolphe Blanchet transportent les élèves hors des murs de la classe, à travers l'histoire du rap, à la rencontre de cette culture hip-hop très présente dans les pratiques des collégiens et lycéens d'aujourd’hui. Quand l’emploi du temps le permet, une discussion s'installe à l'issue du cours : l'occasion pour certains élèves de faire montre de leur talents de rappeurs ou pour Amine de les interroger sur leurs goûts en matière de rap et de noter studieusement tout ceux qu'il ne connait pas.

 

 

* Lycée Gérard de Nerval (Noisiel), Lycée Camille Claudel (Pontault-Combault), Lycée Jean Moulin (Torcy), Collège Armand Lanoux (Champs-sur-Marne), Collège Louis Braille (Esbly), Collège Stéphane Hessel (Saint-Germain-sur-Morin), Collège Beau Soleil (Chelles)