Tout public
CENTRE D’ART
Treasures for Theatre
Exposition du 28 novembre 2009 - 31 janvier 2010
Samedi 28 novembre de 15h à 20h : performances inaugurales
Samedi 23 janvier à 17h : Conférence en mouvement de David Zerbib suivie d’un concert de Charlie Jeffery et Mud Orchestra
L’intérêt de Charlie Jeffery pour la fragilité des matériaux et les états de transition s’applique aussi bien à la sculpture, qu’au langage, qu’à la performance comme générateur de formes. Selon lui, la capacité à dériver est un moteur important de la production artistique, tant du point de vue de l’artiste que dans le contexte de l’exposition. Sa pratique glisse ainsi d’une forme à une autre, d’une méthode à une autre, mettant en jeu des séries d’allers-retours : de l’atelier à l’exposition, de la performance à la sculpture, du texte dit au texte écrit, du corps vivant à l’objet inanimé. Le passage de l’action comme pure dépense d’énergie à la formalisation, à la dénomination et au classement est fondamental dans son travail. Les traces des gestes effectués sont toujours laissées visibles et l’énergie, disponible et réactivable. Des mots en polystyrène expansé, une brique de poussière moulée par une boîte de thé, du plâtre coulé dans un poste de télévision, des bribes de phrases inscrites sur des chutes de bois comme autant d’adresses au spectateur (« I spit on you, you spit on me and we spit together ») des objets manufacturés (une chaise, un réfrigérateur, un photocopieur) découpés à la hache et qui se scindent en mille morceaux selon un principe de reproduction cellulaire… Charlie Jeffery « s’attaque » littéralement à la matière sculpturale ou linguistique pour mieux en extraire toutes les possibilités. Il souligne ainsi la précarité de toute forme et la facilité avec laquelle elle peut être transformée et réorganisée, divisée et multipliée. Chez lui tout est toujours en mutation. A travers des variations autour d’un thème (un geste répété, un forme reproduite, un travail antérieur réinterprété), il ouvre des espaces potentiels où ce qui apparaissait stable et solide devient liquide ou volatile.
What is taken as given
Que considère-t-on comme acquis ? Peut-on dans le même
mouvement enlever (take) et donner (give) ? En retirant
quelque chose – des informations, une fonction, de la matière –
offrir de nouvelles possibilités ? Quelles sont alors les forces
en présence et quelles frontières sont érigées, repoussées
ou détruites ? Et que présenter de ce qui a été gardé ?
Un ensemble de films Super 8 jamais développés, contenant
des actions réalisées il y a une dizaine d’années. Les boîtes
portent la description de ces gestes restés cachés à l’abri
de la lumière : « sitting moving », « sitting not moving »,
« smiling »â€¦
Un ensemble de chaises qui envahissent l’espace.
Chaque chaise est une variation à partir d’un même module
de base, suivant un jeu de permutations illimitées. Ces chaises
ont-elles été abandonnées ou ont-elles été, au contraire,
libérées par le geste qui les a déconstruites puis recombinées
en de nouvelles hypothèses formelles ?
Des bouts de papiers où sont griffonnées des phrases évoquant
des événements flottants : des choses qui se sont passées,
des choses qui ne se sont pas passées, des choses qui
pourraient se passer à n’importe quel moment. Ces énoncés
restent fondamentalement vagues, ne livrent aucune
information précise mais ouvrent le champ à une multiplicité
d’interprétations contradictoires.
Comment le corps trouve-t-il sa place parmi tout cela, alors
même qu’il est mal à l’aise, embarrassé, à la périphérie,
sur la touche ? Chantant, déambulant, chutant, comment
trouve-t-il une articulation possible ? Va-t-il se laisser
contraindre ? Ou exploser jusqu’à être de nouveau contraint ?
Comment occupe-t-il une durée dans un espace ?
S’il parvient à trouver une place au sein de ces paramètres
contraignants, va-t-il s’incarner dans le langage ?
Le langage ancre-t-il le corps là où il est, ou le laisse-t-il glisser,
tomber, dans d’autres espaces, s’effondrant et recommençant
sans cesse ? Quand est-ce que l’événement a lieu ?
Qui, finalement, active l’exposition ?
Tarifs
Tarif plein : 2€ / Tarif réduit :1€ / Tarif étudiant / Tarif Buissonnier / Tarif 20ans ! : Entrée libre
Horaires
Mercredi, samedi, dimanche de 14h à 19h
Sur rendez-vous en semaine
Visite guidée tous les samedis à 16h
Photographie ci-dessus : Divide it your self , 2008 © Raphaël
Chipault
Ci-dessous : Vue d’exposition © Aurélien Mole
















