FESTIVAL / lectures, projections, concerts, performances sonores et culinaires

NOCTURNO

une proposition de Loreto Martínez Troncoso

Gaël Angelis, António Júlio, Nadia Barrientos, Lorenzo De Angelis, Jochen Dehn, Jeune fille orrible, Edurne Rubio, Pascal Simon, Serge Stephan, Anne-Sophie Turion, Julie Verin

Du 12 janvier au 13 janvier 2013

de 21h à 9h
coins lecture, écoute, repos et restauration
au petit matin, le petit déjeuner sera offert aux insomniaques
habillez-vous chaudement !

En clôture de l’exposition Ent( r )e , Loreto Martínez Troncoso organise un festival nocturne. Elle réunit un ensemble d’invités autour des thèmes qui animent son projet. Écrivains, musiciens, théoriciens, plasticiens et metteurs en scène sont ainsi conviés à habiter (ou à hanter) l’espace d’exposition tout au long de la nuit. Inspirés par leurs liens avec les fantômes, la disparition, le travail de la voix et le langage non-verbal, ils imaginent lectures, projections, performances ou concerts… sur lesquels planeront les spectres de quelques figures tutélaires (d’Antonin Artaud à Fernand Pessoa en passant par Nathalie Sarraute, Arno Schmidt ou Novalis).

Suivant une dramaturgie particulière, la soirée sera rythmée par des interludes programmés par Loreto Martínez Troncoso : des pièces sonores de Robert Ashley ou Fatima Miranda, un court métrage de Chantal Ackerman, un film de zombies inédit en France, un dialogue fantôme avec Enrique Vila Matas…

« Cher(e)s noctambules,

Je vous écris aujourd’hui, 12 novembre 2012, exactement deux mois avant cette nuit qu’on hantera ensemble. Avant tout pour vous dire que je me réjouis de votre venue. Qui sera noctambule ? Somnambule ? Insomniaque ?
Les artistes ne seront pas les seuls hôtes de cette soirée. Il y a aussi ceux qui viendront voir ce qui se passe, c’est à dire, vivre quelque chose. C’est ce « vivre quelque chose » qu’on construira ensemble. Je ne vois pas Nocturno comme une grille de programmation. Ni concentré dans un unique endroit qui ferait scène. Les choses auront lieu d’une façon assez organique. Tout l’espace sera à vous.
Il y aura des coins d’écoute, des coins de lecture, des coins de repos ou de sommeil pour ceux qui veulent piquer un somme. Des coussins, des transats, des chaises, des couvertures… Il y aura aussi à manger et à boire…
En pensant au retour ou au non-retour, je me suis souvenue du film El Angel Exterminador de Luis Buñuel où, après un somptueux repas dans une demeure bourgeoise, les invités, sans savoir pourquoi, n’arrivent plus à partir. Quelque chose les empêche de sortir de la maison ou de la chambre où ils se trouvent. J’aime imaginer cette nuit un peu comme ça : ensorcelé(e)s, on arriverait plus à partir. Ou, si on arrivait à sortir, ça ne serait pas de la même façon qu’on est entré.
C’est une invitation ouverte à toutes propositions, formats, durées. L’idée, l’envie, est de continuer à habiter cette « maison » par nos multiples voix, avec diverses atmosphères et températures. Qu’elle devienne pour une nuit à l’unisson et/ou cacophonique.

En attendant, impatiente, de vous lire.

Loreto »

GAËL ANGELIS

Gaël Angelis (né en 1973) est musicien et artiste. Intéressé par la manière dont le son peut introduire du mouvement et de la temporalité dans son œuvre sculpturale, il fabrique des installations électromécaniques « auto-génératives » où objets et matériaux sont activés par frottements, percussions ou vibrations.
Envisageant la sculpture comme une réalisation instrumentale, il réalise des dispositifs de « sculpture/instrument », une de ses formes d’expression principale, où sont mis en vibrations divers éléments par phénomène de feedback.
Conjointement, il réalise des actions urbaines, des bandes originales de films courts, des concerts de musique improvisée. Il collabore aussi avec de nombreux artistes-musiciens tels qu’ Ewen Chardronnet, Z’EV, Frederic Galliay, Magali Sanheira, Joachim Montessuis, Alan Boans, Otto Von Schirach ou encore Loris Gréaud.

Dans la cadre de Nocturno, Gaël Angelis accompagné d’un invité surprise composera un concert de musique improvisée qui mêlera batterie, percussions et objets.

ANTÒNIO JÚLIO

Interprète et metteur en scène, António Júlio (né en 1977) développe une œuvre qui se situe entre théâtre, danse et performance. Il est directeur du département d’interprétation à l’ACE – École des Arts à Porto.
Parmi ses créations, on peut remarquer Felizmente há luar ! de Luís de Sttau Monteiro (TEP, Gaia, 2012) ; Marat/Sade de Peter Weiss (Numa Norma, Porto, 2011) ; Clepsidra (Aproximarte / Comédias do Minho, Paredes de Coura, 2010) ; Alan (Porto, 2010) ; Recuperados (Teatro Universitário do Porto, 2009) ; Boots and Breath (Companhia Instável, Espace des Arts, Chalon sur Saône, 2008), Eunice (Teatro do Campo Alegre, Porto, 2007) et 200gr (Mugatxoan / Arteleku, San Sebastián / Fundação Serralves, Porto, 2006).

No( )turno
« Ce turno est le premier volet de Escreve(-me), écris-moi. Un défi d’écriture lancé à plusieurs personnes, plusieurs êtres qui me sont proches, intimes et complices. Ce sont des projets en solo ou des monologues qui n’ont pas de format défini. Écrits à quatre mains, ou à deux, ils prennent forme dans le processus même de cette écriture.
No( )turno est le corps de rencontre avec Loreto Martínez Troncoso. Il sera un lieu intérieur de contact entre des « voix silenciées », des paroles englouties ou tenues sous la langue. Qu’est-ce qui s’enferme en nous ? Qu’est-ce qui veut émerger ? Quelle force, quelle violence doit-on exercer pour que ça se calme ? C’est à mon tour, o meu turno, " d’expérimencier " cette monstruosité. »

NADIA BARRIENTOS

Née en 1983 dans la ville des Nuits de Restif de la Bretonne, Nadia Barrientos, historienne, critique d’art et poète, mène une réflexion autour de tout ce qui, au sein des champs de la connaissance, se refuse à une saisie proprement sensible mais qui par des voies plus discrètes, ne cesse de nourrir le terrain de notre imaginaire.
Dans le champ artistique, elle s’est intéressée à l’incidence paradoxale d’œuvres invisibles ou disparues.
D’un point de vue littéraire, l’intertextualité, la mystification et le plagiat constituent autant d’entrées à partir desquelles elle interroge La Bibliothèque de Babel que Borges a malicieusement rangé dans un livre.
Parallèlement, sa curiosité l’engage à interroger la pratique de la prestidigitation ou les ressorts performatifs de l’illusion.

Poème à deux voix (Bachelardise)
Hommage à Gaston Bachelard, Poème à deux voix (Bachelardise) est conçu comme un dialogue, lu à deux voix par Nadia Barrientos et Loreto Martínez Troncoso. Composé de citations du philosophe, extraites de son ouvrage La Poétique de l’espace (1958), le texte écrit par Nadia Barrientos invoque la figure de la maison comme archétype onirique du refuge, hanté par l’enfance.

Les Funérailles d’une exposition
« Dans des sociétés non si éloignées de la nôtre, le moment de la mort fait l’objet d’une ritualité assumée de manière collective : aux veillées funèbres, chapelles ardentes et moments de recueillement succèdent des moments plus festifs où le partage d’un repas ou d’un chant est le prétexte à signer symboliquement un adieu au défunt.
À l’image de ce rite de passage, Les Funérailles d’une exposition s’inscrit dans Nocturno comme la célébration d’une transition importante. Parce que cette nuit est la dernière nuit de l’exposition et parce qu’elle entend réunir autour de cette expiration une communauté d’amis et de curieux, elle devient un moment privilégié où venir épuiser, en même temps que notre résistance au sommeil, les derniers instants de l’exposition. »
avec Guillaume Favroult

LORENZO DE ANGELIS

Lorenzo De Angelis est danseur. Il suit la formation du CDC (Centre de Développement Chorégraphique) de Toulouse où il rencontre Pascal Rambert avec qui il fera trois créations dont notamment Toute La Vie à Gennevilliers et Libido Sciendi pour Montpellier Danse 2008.
Il poursuit ensuite ses études au CNDC d’Angers (2005-2007) puis travaille depuis sa sortie de l’école à des projets divers. Il collabore particulièrement avec Vincent Thomasset et Alain Bufard (Tout Va Bien, Montpellier Danse 2010) ainsi qu’avec Marlene Monteiro Freitas.
Parallèlement à son activité chorégraphique, il développe un travail de mise en scène culinaire (PlateForme, École des Beaux-Arts, Angers ; Galerie Visite Ma Tente, Berlin ; Éditions Lutanies…).

Lorenzo De Angelis investira les recoins architecturaux, émotionnels, fantasmagoriques du Centre d’art contemporain et peuplera l’espace de souvenirs inconscients liés à la nourriture. Il envisage de maintenir en certains endroits des zones de productions perpétuelles de nourriture, d’image, d’affect… et peut-être même « nourrir les gens de ce dont ils sont fait. »

JOCHEN DEHN

Jochen Dehn (né en 1968) ne produit pas d’œuvres, il travaille avec et dans ce qui existe déjà, autour de lui et de fait, autour de nous. Il intervient avec des objets et faits divers qui lui permettent de déconstruire des liens, l’obligent à inventer des gestes et l’aident à oublier son propre discours.
C’est l’usage qui l’intéresse : celui des choses et des mots, pas leur essence ni leur définition. Ses interventions promeuvent le trébuchement, le hasard, le quiproquo et l’échec : ce sont avant tout des expériences d’une science qui tend à créer des matières molles.
Ses performances, démonstrations et conférences ont été montrées au sein de festivals tels que la 11e Biennale de Lyon, le Printemps de Septembre (Toulouse), le Nouveau Festival au Centre Pompidou (Paris) ainsi que dans des galeries (Cortex Athletico, Crèvecœur, Anne Barrault) et dans des centres d’art (Hayward Gallery, Bétonsalon, La Ferme du Buisson, Mains d’œuvres). Depuis 2012, il est représenté par la galerie Crèvecœur.

Annie Hodges Le 30 novembre 1954, alors qu’elle était allongée dans son canapé, Ann Elizabeth Hodges (1923, Sylacauga, États-Unis – 1972) aurait été frappée par une météorite. Indemne, elle deviendra instantanément célèbre, un document vivant, car pareil accident est resté unique en son genre. Interpellé par un tel fait, Jochen Dehn réalisera une performance où il sera (peut-être) question de chutes et de présence, du mot "presque", ou encore de Capri (Italie).

« Ça parle, parfois trop, à coté d’une cheminée. Tu sors, te promènes le long des côtes de cette île. Tu t’intéresses aux plantes, à la pluie, à une tour délabrée. Tu la regardes et tu remarques un panneau qui t’explique que ce sont pas les ruines d’une tour mais ceux d’un four pour brûler des pierres et produire du ciment, du plâtre.
Capri a été le siège de l’empereur Tiberius, qui faisait construire sa résidence sur la hauteur d’une falaise à l’est de l’île. Les ruines de la Villa Tiberius et deux autres bâtiments sont les seules habitations de cette époque qui sont encore visibles (…) »

JEUNE FILLE ORRIBLE

Jeune fille orrible (Audrey Gaisan, Frédéric Danos, Olivier Nourisson) est depuis 2007, un principe d’infamie lyrique en trio qui manipule et élabore du bruit acoustique sans aucune sonorisation. Jeune fille orrible utilise avec le sang-froid d’une jeune fille qui se mire un ensemble hétéroclite d’objets et d’instruments apportés ou trouvés sur place. Ils utilisent le lieu, ils utilisent la performance.
Au cours de leurs performances, les trois membres du groupe travaillent un rapport de dialogue direct, c’est à dire non médiatisé par un schéma ou une structure externe, un ensemble de chemins ou une entente préalable. Ainsi à « Improvisation » préfèrent-ils le terme « Free Playing » qui illustre mieux l’approche quasi pornographique qu’ils ont de la production et la combinaison de sons, une réduction de l’acte à ses gestes les plus élémentaires, les plus crus, les plus excitants. Une manière d’exposer brutalement la mécanique du plaisir.

EDURNE RUBIO

La recherche d’Edurne Rubio (née en 1974) a toujours été en rapport avec la perception individuelle et collective du temps et de l’espace. Intéressée par les contextes qui font de la perception une donnée variable et mutante, oubliée ou archivée, elle cherche à mettre en association ou en opposition des façons de percevoir la réalité avec l’objectif de créer une deuxième réalité composée. Depuis quelques années, son travail se rapproche du documentaire et de l’anthropologie, avec l’utilisation d’interviews, d’images d’archives et de la recherche sur la communication orale.

The Visitors (working title)
« Il n’y a personne ici ! Pourquoi les photos architecturales des bâtiments sont-elles toujours désertes ? Où sont les gens ? Sont-ils sur le point d’apparaître ou viennent-ils simplement de partir ? "La maison ne vit que par les hommes, comme la tombe", dit Cesar Vallejo.
The Visitors est un projet de recherche sur la présence et l’absence, sur la façon dont nous voyons les choses, mais aussi sur ce que nous ne parvenons pas à voir. Une recherche qui utilise l’architecture comme le témoin parfait. »

PASCAL SIMON

Pascal Simon a passé du temps à filer la métaphore avec l’Association des Astronautes Autonomes. Il a collaboré avec Ewen Chardronnet à de nombreuses occasions (Artes Divergentes, San Sebastián ; Mapquest, PS122 Gallery, New-York ; Spectrographie, Point Éphémère, Paris…) et depuis 2010 avec « les Échappés » (collectif performatif mené avec Loreto Martínez Troncoso et Ewen Chardronnet). Il travaille également avec Charles Lopez sur un projet performatif intitulé x plus deux. Il mène plusieurs blogs-journaux de bords personnels dont panamobile.blogspot.com ou encore ricardoperegrino.blogspot.fr

Rien ne sert de partir si vous n’êtes pas là
« Pendant quelques minutes interviendront deux personnes, Ricardo Peregrino et Pascal Simon. Deux voix et deux images, un physique et un présent désirant résoudre… dans un dialogue. Une enquête pas vraiment politique. Les témoins sont toujours là après l’action, les livres sont lus longtemps après avoir été écrits et les énigmes ne sont jamais résolues. Les images sont épuisantes. Tout est fiction camarades. »

SERGE STEPHAN

Serge Stephan (né en 1971) travaille depuis 1997 entre performance et peinture. Il a exposé et présenté ses œuvres au CNEAI (Chatou, France), au Transpalette (Bourges, France), au Shanghai Theatre Academy (Chine), au Württembergischer Kunstverein Stuttgart (Allemagne), à la Galerie Birgit Ostermeier (Berlin) ou encore au Centre d’art contemporain du Parc Saint léger (Pougues-les-Eaux, France). En 2012, il était en résidence à Charleroi (Belgique) et il a participé avec Samir Ramdani à Ici & la (This & There) à la Fondation Ricard (10 ans du Pavillon Neuflize OBC - Laboratoire de création du Palais de Tokyo, Paris).

Yogalala
Au cours de la nuit, Serge Stephan proposera à toute personne n’ayant jamais pratiqué le yoga une initiation au Yogalala. Forme de yoga amateur et autodidacte, le Yogalala serait apparue sur une île déserte après le crash d’un avion…

Eau violette
Un pommeau de douche en guise de micro, la bouche submergée d’eau, Serge Stephan et Loreto Martínez Troncoso tenteront de faire surgir des mots, d’expulser une à une des syllabes. Proche d’une forme de chant, Eau violette est une performance parlée et musicale qui pourrait faire référence à Chris Burden qui tenta littéralement de respirer de l’eau (Velvet Water, 1974) ou à Robert Ashley qui murmura des sons un micro enfoncé dans la gorge (Wolfman, 1964).

ANNE-SOPHIE TURION

Après une formation en scénographie à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Anne-Sophie Turion (née en 1985) monte plusieurs spectacles, entre théâtre et performance, dans lesquels elle endosse à la fois le rôle d’auteur, de metteur en scène, de scénographe et souvent d’interprète. Entre 2008 et 2012, son travail est présenté à Paris (au 104, au Théâtre de la ville, ou lors de divers festivals de performance in-situ), Clermont-Ferrand, en Hongrie, ou encore au Canada.
Ses projets peuvent s’intituler J’ai rencontré Michael Jackson, Perdues d’avance, Original soundtrack for a blank tape, ou La mélodie de l’arrière-plan. À partir de 2010, elle effectue plusieurs résidences : à la Villa Arson (Nice, France), à la Villa du lavoir (Paris), ou encore à l’Abbaye de Pannonhalma (Hongrie). Elle nourrit également sa démarche personnelle par différents assistanats et collaborations auprès des scénographes Marguerite Bordat, Annabel Vergne, du cinéaste Geoffrey Lachassagne, de l’artiste Loreto Martínez Troncoso, ou du metteur en scène Yves-Noël Genod.

La Visite du palais
Ce projet s’est construit à partir de la méthode des Palais de mémoire, un procédé mnémotechnique datant de l’Antiquité*. Le Palais de mémoire, ici, sera pris comme lieu de fabrication du récit, où l’on peut entrevoir la structure interne et intime de la parole, entendre les différentes voix qui l’habitent, les strates d’écriture qui la constituent. Quelle pourrait être l’image de l’oubli ? Un palais de mémoire dont certaines portes ne s’ouvrent plus ? Une phrase que l’on n’arrive pas à terminer ? Un récit dont la fin nous échappe ?

*Après avoir choisi un bâtiment solidement ancré dans sa mémoire (par exemple, sa maison d’enfance), l’orateur découpait le discours qu’il voulait retenir en parties et qu’il disposait en pensée dans cette architecture mentale. Pour prononcer son discours, il n’avait alors plus qu’à parcourir cet espace.

avec Jeanne Moynot (voix principale) & Manuela Gourary (souffleuse)
et les témoignages de Jean D., Catherine Lebigre, Arlette Lebigre, Jean-Claude Turion, Liliane Turion, Xavier Turion
avec le soutien de Paris Jeunes Talents

JULIE VERIN

Fantasmant des vies d’artistes rêvés, Julie Verin (née en 1983) donne naissance au collectif fictif 63,2° composé de Maria Roland, Antoine Cousin, Alice Cardenia et Justine Douve avec lesquels elle signe un contrat d’assistante de communication polyvalente. Ces protagonistes sont autant d’hétéronymes qui définissent une vision multiple de sa pratique. Grâce à eux, c’est avec distance, critique et autonomie qu’elle élabore et dresse une œuvre roman qui se manifeste à travers des écrits, expositions, performances et concepts artistiques.
C’est en se jouant d’elle, par le procédé poétique du leurre et de l’anonymat, que Julie Verin trouve les moyens de questionner l’œuvre et le statut de l’artiste aujourd’hui. Sans oublier d’accorder une réelle intention et réflexion littéraire et plastique, elle offre un panorama d’interrogations autour de l’identité, l’espace d’exposition, l’économie de l’art, la conscience et l’écriture de soi. Tour à tour, dans l’ombre et la lumière des projecteurs, elle devient à la fois ouvrière et maître d’œuvre de sa propre machine de désir.

« La révolution des âmes. Partie 1 : Être en avoir » d’Antoine Cousin
« Mots-clés pour portes ouvertes :
Une pensée qui s’écrit. Une voix.
Un auteur. Une interprète. Un leurre.
Épuiser la pensée du rêveur.
Chuchoter l’insatiable désir de possession qui le possède jusqu’à le faire taire.
Deux micros. Deux enceintes.
Face à face.
Une présence qui rend l’âme.
Un corps caché dans l’encombrant.
Encombré d’être.
A travers deux murs. Entre deux meubles.
Le rêve existe.
Il dort sur le lit du réel.
Autour d’une table et d’un verre de vin. »
Antoine Cousin