THÉÂTRE / DANSE

ILS NE MOURAIENT PAS TOUS MAIS TOUS ÉTAIENT FRAPPÉS

Dans le cadre de Travail que vaille !

COLLECTIF 18.3 - création d’après le récit de Marie Pezé (édition Pearson)
Quand les souffrances au travail se traduisent par les corps et les mots, une création originale, un témoignage dansé.

Du 24 mars au 25 mars 2012

sam à 14h30 et 17h30
dim à 17h30

Marie Pezé a ouvert la première consultation Souffrance et Travail : dans son bureau, elle reçoit Solange, assistante de direction, Fatima, agent d’entretien ou Stressor, cadre supérieur. Chacun a sa manière a « mal au travail ». Touché par ces récits, le Collectif 18.3 rencontre la psychanalyste et à partir de son livre, crée une variation chorégraphique et théâtrale de ces témoignages. La parole sort de l’intime pour éclairer la vérité et c’est par le langage qui unit le corps et les mots que le collectif livre un autre versant de ces histoires de souffrance. Dans un espace modulable – bureau ou échafaudage – textes et mouvements traduisent la douleur, l’humiliation mais aussi la résistance et l’espoir. Une vision du travail tel qu’il est, tel qu’il nous marque aujourd’hui.

« Vous voulez en savoir plus sur la souffrance au travail ? Il faudrait que vous entriez dans mon bureau, que vous preniez place sur cette chaise à côté de la mienne. Il faudrait que vous assistiez à la consultation avec moi. Que vous écoutiez. Vous pourriez ainsi entendre l’extraordinaire impact du travail sur le corps et sur le psychisme. Le travail peut sauver. Il peut tuer aussi. Êtes-vous prêt à entendre tout ce que les patients ont à dire sur leur travail ? Quoi qu ils disent ? Je dois vous prévenir, vous n’en sortirez pas indemnes. Car ici, entre ces murs, sur mon territoire clinique, les pathologies sont criantes, caricaturales. Travail sous contrainte de temps, harcèlement, emploi précaire, déqualification, chômage, sont le lot quotidien des patients de la consultation Souffrance et Travail. »
Marie Pezé, Apostrophe du livre


EN SAVOIR PLUS SUR LES ARTISTES…


Laurent Bellambe
J’ai 20 ans, je suis en DEUG d’Ethnologie : j’ai envie de comprendre le monde, de partir loin ; et puis rien ne se passe comme prévu : je deviens comédien.
Olivier Medicus, Eric Ruff, Catherine Riboli, Brigitte Jacques, Stanislas Nordey. J’ai 30 ans, je ne suis pas satisfait, je pars en Belgique. Groupov, Jacques Delcuvellerie. Je reviens, je travaille avec Christophe Bureau, la Compagnie des Possédés, Bérangère Jeannelle, je tourne avec Cathy Verney.
J’ai 35 ans, je rencontre Shush et c’est un nouveau tournant : je réalise qu’il me manquait quelque chose, l’autre pour trouver l’audace de prendre les rênes d’une création d’un bout à l’autre.

Julie Laufenbuchler
J’ai 6 ans je joue “La sorcière de la rue Mouffetard. “
J’ai 6 ans et je sais que le théâtre sera ma vie. Mais il faut attendre d’en avoir 18 pour quitter ses parents, la province et venir à Paris , rue Mouffetard… J’apprends le métier de comédienne, travaille avec Isabelle Nanty, Muriel Mayette, Eric Lacascade, Marc Adam, O Massaro, Alice Safran… Je tourne aussi pour la télé avec M. Hassan, P. Chaumeil, Eric Zonca , Marie Vermillard … À 25 ans, dans une mauvaise création, heureusement je rencontre Laurent ! On ne se quitte plus.

Lilou Magali Robert
J’ai 21 ans, j’arrête la fac, je veux danser, enfin ! J’apprends, je tords, j’étire, je pointe, je rattrape mon corps et le temps.
J’ai 25 ans, 1 mois et 10 jours, premier jour de mon premier contrat en tant que danseuse avec Andy de Groat. Shush est là. Je respire, je m’envole, j’avance. Sur ma route, Philippe Genty, Françoise Murcia, Michèle Rust, Patrick Le Doaré, Mylène Benoit, Adrien Mondot, La Bazooka… Je m’exporte avec Amir Hosseinpour, Stijn Celis ou Jonathan Lunn, je rencontre l’opéra, le théâtre, les arts numériques, la danse-voltige… Je suis à ma place, je regarde autour, Shush est toujours là, dans son sillage Laurent et Julie, l’invitation à un nouvel engagement, le collectif.
J’ai 37 ans, avec eux, je suis prête.

Shush Tenin
J’ai 25 ans, je quitte l’horticulture, je veux être danseur. Philippe Jamet, Michel Schweizer, Andy de Groat, Blanca Li, Heddy Maalem, Kamel Ouali, Patrick Le Doaré, Kristinne Sommerlade, Philippe Découflé, les Gens d’Uterpan, mais également au théâtre et au cinéma avec Jean-René Lemoine, Alfredo Arias, Bob Wilson et Enki Bilal. Être danseur : les créations, le travail de compagnie, le solo, les opéras, la vidéo, la transmission, la pub. Avant, après, sur, autour du plateau. La curiosité, la nécessité et le désir d’aller à la rencontre de l’autre.
Enfin j’ai 40 ans : la rencontre avec Laurent, l’altérité comme un miroir.

Thomas Cottereau
J’ai 14 ans, un pied dans la bouse, l’autre dans larosée matinale…Joël me montre comment plier les câbles d’un festival rural et itinérant de théâtre… Je le suivrai 9 étés… Nantes en DMA, Strasbourg au TNS, Gildas Milin, Jean-Paul Wenzel, Joël Jouanneau, Frank Théveneau, Olivier Oudiou… J’ai 26 ans, je rencontre Laurent puis Shush puis…. lumières sur le Collectif 18.3.

Elisabeth Dordevic
J’ai 22 ans je rêve de restaurer des tableaux… J’ai 22 ans je réussi par hasard l’entrée à l’ENSATT, rue Blanche. Je découvre le théâtre, la danse, le cirque. Et puis je travaille, je rencontre Bernard Sobel, Pierre Salvadori, Les Colporteurs, La Cie Tamèrentong !, les Kumulus, Jean-Paul Wenzel et les Fédérés, Pierre Sauvageot, Joel Pommerat, la Cie Castafiore Bazooka, Jean-Michel Ribes, Anne-Laure Liégeois et avec elle, Laurent. Le courant passe. De nouveau, enfin, un théâtre qui me fait vibrer. J’ai 39 ans, je fonce.

Malte Mager
J’ai 18 ans, je n’ai jamais su quoi faire mais j’ai toujours fait. Je change de pays, je plonge dans l’architecture, je découvre l’espace conçu, l’air qu’il me faut pour respirer… Je continue de faire, tout, dans tous les sens, architecture, espace, graphisme, design, réel, virtuel, tant qu’il y a un chemin… J’ai 27 ans, je rencontre Lilou, je découvre la danse et l’espace scénique, ultime espace de conception. Tiens, il y en a d’autres qui travaillent comme moi : même langage, mêmes envies. Eux le vivent de dedans là où moi je le pense de dehors. J’ai 34 ans, je me lance.

Avec le soutien de Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France - Ministère de la Culture et de la Communication, au titre de l’aide au projet.


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