MUSIQUE / VIDÉO

DIVINE FÉMININ

DANS LE CADRE DE TEMPS D’IMAGES

Quelques standards des musiques de films amoureusement revisités par un quintet à cordes et un vidéaste.

mardi 11 octobre 2011

À 20H45

Que seraient les grands films sans musique ?

Traffic Quintet - quatuor à cordes plus contrebasse – nous pose la question en retournant le rapport image/son. Que nous chante leur musique quand leurs images sont revisitées par le vidéaste Ange Leccia inspiré, entre autres, par les Meurtres bleutés du peintre Jacques Monory ?

En quatre tableaux ponctués par Medeamaterial, l’opéra de Pascal Dusapin d’après l’œuvre de Heiner Müller, transcrit pour quintet à cordes, Divine Féminin s’inscrit comme « une ode aux femmes perdues, assassines, amoureuses, à toutes les Médée modernes » dira Dominique Lemonnier(violon) qui a conçu le projet.

Divine entre les divines, Maria Callas, la Médée de Pasolini, est au centre du tableau, environnée d’adorables perturbatrices sous les traits d’Ingrid Bergman ou de Marilyn Monroe, d’Isabelle Adjani ou de Nicole Kidman. Quelques coups d’archets amorcent des accords entre tous reconnaissables, signés Bernard Herrmann, Alex North, Gabriel Yared, Air, Phil Glass ou Alexandre Desplat, directeur artistique de Traffic Quintet. Ils font revenir des bouffées d’Alfred Hitchcock (Psychose et Vertigo), John Huston (The Misfits), Sofia Coppola (Virgin Suicides) ou Stephen Daldry (The Hours).

Le Traffic Quintet pénètre et traverse les écrans de ce matériau cinéma, en une vibrante et suggestive évocation.

Texte : Jean-Louis Perrier