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la presse en parle loin d'eux

TOUS LES EXTRAITS DE PRESSE : Spectacle vivant

" Seul en scène, Rodolphe Dana habite le plateau découpe par les lumières, glisse d’un personnage à l’autre, porte leurs phrases incertaines, leurs interrogations douloureuses, avec une délicate justesse. (…) Mais cette colère rentrée, cette résignation désemparée que livre simplement Rodolphe Dana, ça frappe au cœur."
Gwenola David, La Terrasse

"Comment expliquer l’incompréhension ? Dans Loin d’eux, elle est due à l’écart des générations, des milieux et des vies. De tous ces mots que l’on n’aura jamais en commun. Il sont la pelle qui creuse la fosse. La mère écrit à son fils à la recherche d’un port de rencontre qui n’existe plus. " On ne pourra jamais se fâcher en vrai, à trop s’aimer comme nous on s’aime on va plus loin que les autres vers les points de rupture, parce que nous on sait les digues solides et qu’on s’aimera toujours. " Aucun des adultes ne pressent le drame à venir. Ce jour de mai 1995 où la violence de la nouvelle viendra rompre un trop long silence."
Marie-Laure Delorme, Le Journal du Dimanche

"Barrière des générations. Difficultés concrètes de la vie. Mal-être des jeunes gens. Ces constats ne sont aptes à dire que leur impuissance. Personne, ni des parents ni des enfants, ne porte la responsabilité de ce silence qui s’est accumulé, de ce langage absent qui, peu à peu, s’est substitué à l’autre langage, celui dans lequel on peut se parler. Tous le subissent, ce silence, comme une fatalité, comme une protection aussi. Tous l’éprouvent, cette solitude à plusieurs que l’image de la famille amplifie, mais qu’elle ne compense jamais. Tous sont condamnés à ne rien partager de ce malaise, de cette douleur."
Patrick Kéchichian, Le Monde

"Loin d’eux est un pur acte de douleur et de littérature, Laurent Mauvignier tient ces six voix comme une seule, il donne la parole à chacun, chacun en use pour lui-même, parfois contre l’autre, une parole reconnaissable et pourtant chaque fois la même : cette écriture maîtrisée par l’auteur qui donne sans les écraser à ceux qui se taisent le moyen de dire, sans dénaturer leur malaise, sans que cette justesse d’expression cache toute l’impossibilité de parler… Tous ces mots tus, ces lèvres blanches tendues dans le silence, les ultrasons et les infrasons du langage articulé, Laurent Mauvignier a su les dire un à un, les réanimer sans forcer leur sens, les laisser se réchauffer côte à côté, pour dire cette douleur indicible, sans garantie de consolation."
Jean-Baptiste Harang, Libération

"Dès Loin d’eux, son premier roman publié en 1999, Laurent Mauvignier s’est imposé par une maîtrise éblouissante, rare dans le roman français, de la polyphonie narrative et du monologue intérieur. Tout se passe chez lui comme si les mouvements de la conscience étaient enregistrés au moment même de leur gestation, et la parole, avant même sa cristallisation, au plus près de son surgissement. Il en résulte à la fois un effet d’oralité alternant style parlé et langage soutenu, répétitions et ellipses, phrases nominales ou en suspens, et un très fort effet de réel, lequel se situe aux antipodes du roman réaliste traditionnel. Plutôt que de réalisme, mieux vaudrait en effet parler ici de concret, comme on parle de musique concrète. Ou encore de vérité, de sincérité ou d’honnêteté, c’est-à-dire d’un regard et d’une attitude qui, ainsi que l’écrivait Nathalie Sarraute dans L’Ere du soupçon, s’efforcent de « tricher le moins possible et de ne rien rogner ni aplatir pour venir à bout des contradictions et des complexités »."
Catherine H., benzine.free.fr

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Article 1083 en date du 31 juillet 2010